Quand j'étais jeune j'étais une rock star, me trainant dans les foules avec lenteur et dérision. Etouffant sous mes litres de rhum mal embouchés. J'étais dans le monde des étoiles, en equilibre incertain. J'était jeune, j'étais conne et je puais le talent.
Les putes libertines et la musique a fond dans la voiture, c'était le french kiss, le rock'n roll et le rêve americain a la fois. On ne m'as jamais demandé où j'allais et pourquoi je faisais ça, je le faisais parce que ça me plaisais, un point c'est tout. Et les gens le comprenaient, et ils aimaient ou me détestaient, peu m'importais tant que j'avais de quoi payer ma dose. Les virées en voitures sur la route 66, le volant entre les dents ivres morts, on chantait la vie.
C'était le bon vieux temps, c'était la scène, les projecteurs, c'était un micro démonté et une guitare défraichie.
C'était dans ce temps la ou on pouvait fumer en concert, le seul moyen c'est d'être le centre de l'attention. On m'aimait pour le vacarme que je produisait. J'aurais pu tuer ma mère et violer mon père personne ne m'en aurait voulu. Et quand je me jetais dans la foule c'est les mains ouvertes qu'on me presentais. J'étais l'idole.
Mais jamais au grand jamais la drogue a pu remplacer mon amour pour eux. Ceux que je ne voyaient jamais, cachés derière les lumière, dans l'ombre. La peur de les decevoir, la peur de les aimer, la peur qu'ils me connaissent réelement telle que je suis et non telle que j'aimais paraître. Moi qui était dans la lumière j'avais peur de croiser leur regard.
Et un jour je me suis réveillée.
Les créer, les detruires, les écouter, les admirer, Les fatiguer, les rouiller, les démoder, les délaver
D'un amour de fan corosif, qui laisse sa trace sur les vêtements,
Qui laisse son odeur sur la peau.
Les retrouver, les redecouvrir, les afficher, et les cacher jalousement, les chanter, les jeter, et tout recommencer.
Mais surtout, ce qui compte au final, c'est de les aimer...